Les missions du "L for Love"

 
Elles sont au nombre de 38, dont 34 homologuées. Ceci représente le record de la base d'Elvington, pour le même équipage, sur le même avion (sauf 4 fois pour avaries ou "early return" - retour ordonné)

Nous avons extrait du livre la mission de Julich comme exemple :
 

8ème mission : JÜLICH

Le 16 novembre 1944, à 13 h 06, Le Halifax III -L- Love - NA 557 du Capitaine Veauvy prit l'air comme 508 autres avions, dont 15 du 346 et 12 Halifax du 347, pour participer à une attaque de grande envergure en soutien de l'offensive contre Cologne. L'objectif précis se situait sur la ligne de front près d'Aix-la-Chapelle. Il rentra à 18 h 04.
Le ciel demeurait couvert par strato-cumulus jusqu 'à 6000 pieds.
Après avoir décollé de la base d'Elvington pour Orfordness, avec une bombe de 2000 livres et 44 incendiaires, l'appareil mit le cap au sud, comme l'annonça le navigateur, à 2000 pieds d'altitude. Il traversa l'Angleterre, puis le Channel où il survola un convoi d'une quarantaine de gros bateaux.
Le temps était splendide, dégagé, sans un nuage, comme l'avait prévu la météo. Cap est ! Le Halifax -L- monta à 14000 pieds. Au point fixé, il retrouva les chasseurs d'escorte, fidèles au rendez-vous, qui commencèrent leur surveillance. En bas, tout paraissait très calme et, là haut, le soleil chauffait dur. L'équipage préférait de telles missions de jour, malgré toute la D.C.A., aux longs vols de nuit dans l'obscurité.
C'était encore dans la "Vallée heureuse" qu'ils avaient rendez-vous, plus au sud cette fois-ci. Bientôt la D.C.A. claqua, un vrai feu d'artifice. Ils étaient des premiers et, derrière eux, s'étalait le flot d'avions de bombardement. "Cap sud maintenant !", annonça le navigateur. Tout demeura calme quelques instants. Mais, au contact de l'objectif, ce fut à nouveau un tir si terrible et si brutal qu'ils en furent tous suffoqués. Sur leur gauche un avion était en feu ; devant eux un autre appareil, atteint de plein fouet, explosa avec ses bombes et les éblouit ! Ils approchaient toujours lorsqu'une formidable secousse les ébranla. Ils étaient cahotés dans tous les sens et le pilote dut jouer de toute sa science et garder son sang-froid pour rétablir l'équilibre : deux obus avaient explosé de chaque côté de la queue, sans toucher le mitrailleur arrière. La botte du mitrailleur de la tourelle supérieure avait été marquée par un éclat, mais il ne fut pas blessé ! .
Dans un ultime effort, le bombardier visa l'objectif, largua ses bombes, qui allèrent malgré tout, droit au but.


J Ü L I C H du 16 novembre 1944
PHOTO N°1475 HALIFAX III - L - NA 557 - TOT - 15 h 36 mn.
CAPITAINE VEAUVY - L - 346

Ils dégagèrent sur la droite et, au moment de sortir de cette zone, un nouvel obus explosa à proximité. Un éclat cassa la boîte GEE et la boîte à crayons du navigateur. De nombreux instruments étaient hors d'usage, les moteurs commençaient à "bafouiller". L'avion rentra à la base d'Elvington, percé en de nombreux endroits.

COMMENTAIRES DU CAPITAINE VEAUVY :
Avion touché par la Flak au-dessus de l'objectif. 2 éclats dont l'un atteint et détruit la boîte GEE ; le 2ème près du poste mitrailleur supérieur. Bon bombardement : Bombe de 2000 livres au centre des marqueurs.

Coordonnées de vol de la mission

JÜLICH LE 16 Novembre 1944

BASE
        53 42 N       00 34 W
        53 18         00 07 W
        51 00         03 00 E
        50 34         05 40 E
        50 55 1/2 N   06 22 E     (bombs gone)<
        50 57         06 23 E
        51 15         06 10 E
        51 25         05 40
        51 20         04 00
ORFORDNESS BASE.

 

Morceau de métal retrouvé dans la carlingue




A la suite de cette mission de guerre, du 16 novembre 1944, le Capitaine Veauvy, Commandant d'avion, reçut la Distinguished Flying Cross (D.F.C.) de la Royal Air Force.

 

Toutes les missions sont illustrées par les photos de l'Etat Major et commentées par l'équipage avec, en prime, la reproduction des notes du Commandant Veauvy.

Dans cette section, vous vivez avec l'équipage.